Concours photo « Le climat change. Et la mer ? »

A l’occasion de sa 4ème édition, le Forum de la Mer et l’Institut Français d’El Jadida ont organisé un concours photo destiné à changer les regards et les consciences sur le changement climatique, autour du thème "Le climat change. Et moi ?"

A l'issue de ce concours, 3 photos ont été désignées gagnantes, une par catégorie : Junior, Amateur, Professionnel.

La remise des prix a eu lieux lors de la Séance Plénière de Clôture du Forum de la Mer, le 6 mai dernier. 

Les photos des participants sélectionnées sont exposées tout le mois de mai à l'Institut Français d'El Jadida. 

 

Gagnant dans la catégorie Junior

 

Younes BENSEDDIK, avec sa photo intitulée "Paradoxe" :

Younes BENSEDDIK, l'auteur de cette photo nous raconte :

Cette photo, intitulée "Paradoxe", représente un ponton recouvert de fientes d’oiseaux marins, une barque de pécheur, … dans un port. 

  • Paradoxe entre la beauté de l’image et son sujet (les excréments d’oiseaux marins) et paradoxe entre l’animal qui pollue et l’homme qui pollue dangereusement. Le premier rentre dans le cycle de la nature par opposition à la pollution de l’Homme qui dérègle les écosystèmes et le climat.
  • La barque, floue, représente l’avenir incertain de la pêche.
  • Le pieux qui s'oxyde, éphémère création humaine.

Gagnant dans la catégorie Amateur

 

Cherif Mohammed MOUSSAID EL IDRISSI, avec sa photo intitulée "Les neiges perdues" :

Cherif Mohammed MOUSSAID EL IDRISSI, l'auteur de cette photo nous raconte :

J'ai pris cette photo quand j'étais dans mon voyage au lac Aguelmam Azegza , près d'Errachidia le 29-01-2016, et comme il est clair dans l'image, il n'y a pas de neige même c'est déjà l'hiver, chose qui a affecté tous les villageois ainsi que leurs animaux.

Gagnante dans la catégorie Professionel

 

Naïade Plante, avec sa photo intitulée "Libellules Pantala" :

Naïade Plante, l'auteure de cette photo nous raconte :

Une belle et endurante globe trotteuse !

D’origine tropicale, les libellules sont des insectes très sensibles aux variations thermiques. Leur promptitude à réagir à ce paramètre et leur exceptionnelle aptitude au vol en font des indicateurs tout désignés pour détecter un éventuel réchauffement climatique... 

Sur cette photographie prise au mois d'octobre 2011 (en fin de mousson) la libellule Pantala flavescents ou plus communément appelé "pantale globe-trotteur", atteint les plages de Goa en Inde après avoir survolé l'océan Indien depuis l'Afrique, jusqu'à 3500 km sans s'arrêter, en passant par les Maldives! Un chiffre obtenu par l’interprétation d’une analyse génétique des populations de cet insecte volant. Cette libellule la plus répandue sur la planète, migre en essaim et est capable pour cela de voler à 18 km/h et jusqu’à 6,3 km au-dessus de la surface de l’eau, aidé par les vents. Mis bout à bout, les trajets des Pantala sur plusieurs générations totaliseraient plus de 18.000 km avec des parcours individuels de 6.000 km, notamment entre l'est de l’Afrique et le nord de l'Inde, nécessitant la traversée d’un océan. Le plus long voyage migratoire de tous les insectes au monde!

La stratégie de la libellule Pantala flavescens peut paraître particulièrement risquée. Mais, pendant son long voyage, la libellule tire profit de la météo et des pluies saisonnières. Elle utilise des mares temporaires comme habitat dans lesquelles elle se reproduit. Les larves ont un développement rapide en 38 à 65 jours ce qui leur permet de se développer avant que la mare ne s’assèche. Les nouveaux adultes continuent alors la migration.

Les libellules interviennent surtout dans la gestion des milieux naturels et sont souvent considérées comme des espèces indicatrices clés pour la qualité de l’environnement et la gestion de la biodiversité. Leur sensibilité à la qualité de l’habitat, leur caractère amphibien et leur identification relativement simple procurent aux libellules le statut d’indicateur fiable pour l’évaluation des changements environnementaux sur le long terme (biogéographie, climatologie) et le court terme (conservation de la biologie, pollution des eaux, altération de la structure des eaux courantes et stagnantes). Selon les espèces, la grâce ou au contraire la vigueur et la rapidité de leur vol, semble faire de ces animaux l'exemple même des insectes aériens, et pourtant, c'est à l'état larvaire que les libellules passent la plus longue partie de leur vie. Elles sont donc encore plus aquatiques qu'aériennes. Elles peuvent être considères comme des indicatrices de la qualité des eaux.

Leur régression récente est-elle due au réchauffement climatique ou bien à d’autres causes plus sournoises, probablement d’origine anthropique, parmi ces dernières, la banalisation des paysages, l’assèchement des zones humides, la dégradation des cours d’eau, les pollutions d’origine agricole, mais aussi les pollutions domestiques et industrielles...